La toilette du barrage
La Ville de Saint-Étienne va procéder à des travaux d’entretien et de mises aux normes du barrage édifié à Chenereilles, Lapte, Saint-Jeures et Tence en Haute-Loire, au début du siècle dernier. Début du chantier en septembre 2010. Livraison au printemps 2011.
Le noir total, une vase visqueuse, des sédiments qui ont créé une mince couche devenue solide à soixante mètres de profondeur et une vanne de fond qu’il faut impérativement changer en 2010, revue de sûreté oblige… Voilà les conditions dans lesquelles vont s’effectuer les travaux d’entretien et de mises aux normes du barrage de Lavalette, en Haute-Loire.
Après plusieurs études de diagnostic menées par un groupement composé d’EDF et de la SAFEGE, la Ville de Saint-Étienne, propriétaire de l’ouvrage édifié de 1910 à 1920 puis surélevé dans les années 40 afin d’accompagner l’expansion de la cité, va procéder à une vidange partielle. A partir de juillet prochain, le niveau des 41 millions de m3 d’eau va progressivement descendre jusqu’à la cote 782 (à plein, il atteint la cote de 810,14) où il restera pendant trois mois. Le barrage sera alors à moitié plein mais il n’atteindra jamais la cote 778, niveau nécessaire pour respecter le débit qui permet d’alimenter en eau quelque 350 000 habitants d’une vingtaine de communes de Haute-Loire, de Saint-Étienne et de son agglomération. L’option d’une vidange totale a été écartée pour éviter tout désagrément pour ces populations ou d’éventuelles conséquences sur la faune et la flore, en aval.
Le chantier fait appel à des plongeurs spécialisés
La priorité est de changer la vanne de fond dite « vanne batardeau n°3 » située à soixante mètres sous l’eau. Elle va bientôt avoir un siècle puisque les premiers équipements datent de 1914. Mais les deux autres vannes à l’amont du barrage sont concernées. Ces travaux subaquatiques vont être effectués par des plongeurs spécialisés qui ne pourront pas descendre plus de quelques minutes par jour pour leur propre sécurité. D’autres travaux vont aussi permettre de chemiser les tuyaux de prise d’eau et de vidange, d’éliminer des défauts de surface sur la structure béton du barrage, de réparer une fuite sur l’un des quatre évacuateurs de crue, de revoir tout le couronnement avec une circulation qui sera alternée via des feux évitant aux véhicules de se croiser en favorisant la sécurité des piétons. Des mesures de débits d’entrée et de sortie du plan d’eau seront mises en place et un chemin d’accès depuis la maison des gardes jusqu’à la chambre des vannes à l’aval du barrage sera créé. Le tout sous le contrôle des analyses effectuées par la Ville de Saint-Étienne et exploitées par EDF.
Les travaux subaquatiques démarreront en septembre prochain jusqu’à la fin de l’année. La totalité des travaux est programmée sur neuf mois, hors intempéries. A la fin du printemps 2011, une visite des services de l’État présents en Haute-Loire devra valider la conformité des installations. Le coût est évalué à moins de cinq millions d’euros. L’Agence de l’eau Loire-Bretagne ainsi que les conseils généraux de Haute-Loire et de la Loire vont être sollicités tandis que de nouvelles conventions de vente d’eau intègreront une participation financière des communes desservies. Comme tous les ouvrages de ce type en France, le barrage de Lavalette subira ensuite une visite de sûreté tous les dix ans.
Le barrage de Lavalette produit de l’électricité, environ 77 gigawatt par an, l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de 30 000 habitants.
Document(s) à télécharger

- barrage de Lavalette